Marc Muret : Les anglais sont nos meilleurs ennemis

Alors que Liz Truss prépare son entrée au 10 Downing street, que le Royaume uni subit toujours les répercussions d’un Brexit mal maitrisé, que Boris Johnson part assez piteusement et que les files interminables se sont formées à l’heure des départs en vacances aux frontières du royaume, Marc Muret donne son interprétation historique des relations franco-britaniques dans un ouvrage à paraitre retraçant 1000 ans d’amours et de désamours entre les deux peuples que seule la manche sépare.

L’auteur rappelle que bien avant la domination globale de la langue de Shakespeare, le français a longtemps été la langue de la court d’Angleterre.

« C’est aujourd’hui méconnu mais depuis Guillaume le Conquérant, le français était la langue de la royauté britannique et de la noblesse normande triomphante » souligne Marc Muret.

L’auteur confesse avoir grandit dans un contexte de guerre froide plutôt propice à la complicité entre nos deux pays : « souvenons-nous de l’opération du canal de Suez était un raide franco-britannique décidé à l’encontre de la communauté internationale et des nations unis. C’est dire comme parfois nos intérêts ont été convergents. »  Mais le ressort principal de son essai prend justement le contre-pied autour des divergences graves, nombreuses, diamétralement opposées entre la France et la « Perfide Albion ».

Marc Muret : Le pragmatisme britannique est un artifice

« Les anglais ont très rarement joué collectifs avec les nations continentales, c’est une constante » assène Marc Muret et de poursuivre « comment comprendre alors qu’en 1529, les armées ottomanes font le siège sous les remparts de Vienne, les anglais préfèrent s’allier aux turcs plutôt qu’à l’alliance des royaumes chrétiens ». Pour marc Muret le pragmatisme britannique est un artifice qui cache plutôt le pire des opportunistes de l’histoire. Pour Marc Muret, l’insularité n’excuse pas tout, la séparation de l’église d’Angleterre de Rome est une illustration centrale que la volonté d’émancipation des anglais est avant tout un moyen de se singulariser « quoi qu’il en coute » sur le plan des valeurs et des fondamentaux.

De la défection d’Aliénor qui donne l’Aquitaine en dote en épousant le Roi d’Angleterre jusqu’à la conclusion de la Guerre de 100 ans avec le supplice de Jeanne, le conflit majeur entre les deux nations est passé en revue avec l’œil à la fois chirurgical et sarcastique de l’auteur.

« Isabelle de France, fille de Philipe Le Bel devait logiquement recevoir la couronne de France » concède t’il, les Lois saliques en ont décidé autrement. S’en est suivi un conflit intermittent de près d’un siècle avec batailles et guérilla sanglantes.

Marc Muret : Les victoires navales anglaises parfois marquées par le sceau du génie

L’épisode Napoléonien occupe bien entendu une place de choix dans le livre avec un décryptage détaillé des voltefaces de la diplomatie britannique. « L’Angleterre se trouvait en concurrence en Perse et en Asie avec l’Empire Russe. Elle fit du Tzar un allié de circonstances pour lutter contre l’Empereur des français à l’encontre de plusieurs décennies de politique étrangère en soutien des Perses qui furent abandonnés pour le compte. Dans le récit de Marc Muret, il ne fait pas bon être l’allié des anglais et de rappeler la « trahison » encore vive de Mers-el-Kébir qui ne fit que raviver les douleurs des défaites maritimes nombreuses des français face à la Royal Navy. « Les victoires navales anglaises parfois marquées par le sceau du génie ont aussi très souvent joué d’une incroyable chance ». C’est le cas de Trafalgar en 1814 et plus juste encore la bataille de Gravelines en 1558.

En effet si la bataille d’Aboukir en 1798 anéantira l’intégralité de la flotte de la campagne d’Egypte au large du Caire par une logique domination de la flotte de Nelson, la bataille de Trafalgar elle n’aurait jamais dû tourner à l’avantage des pavillons de Saint-Georges.

Plusieurs siècles plus tôt à Gravelines au large des côtes françaises de Calais alors partie de la Flandre sous domination espagnole, c’est un des épisodes qui aurait pu faire basculer le sort de l’île qui s’est joué. Les espagnoles espéraient en effet embarquer leur armée de Flandres pour envahir le royaume fragile d’Isabelle 1ere. La bataille se soldat pas un pat assez pitoyable qui compromit à jamais les desseins de conquêtes des ibériques.

On se souvient de la phrase de Surcouf répondant à l’amiral anglais qui lui reprochait que les français se battaient pour l’or alors que les anglais pour l’honneur, chacun se bat pour ce qui lui manque le plus rétorqua le corsaire maloin. « à l’image de cette maxime, les échanges entre français et britanniques se sont fait à travers l’histoire de marque d’admiration et de teintes de mépris. »

Marc Muret : Rappelle que plusieurs fois dans l’histoire

Alors quand Marc Muret rappelle que plusieurs fois dans l’histoire, les deux pays, tout particulièrement lors de la débâcle de 1940 ont voulu fusionner leurs deux gouvernements c’est pour mieux dénoncer le caractère ingérable des britanniques dès lors qu’ils intègrent un collectif. Leurs comportements répété et constant au sein de l’Union Européenne aura finalement donné raison aux réticences du Général de Gaulle qui de son vivant n’avez jamais voulu consentir à l’adhésion de la couronne. Le « I want my money back » de Margareth Thatcher a connu un écho amplifié plusieurs décennies après au travers du Brexit.

Colonisation, Common Wealth, tout est passé en revue dans un véritable procès à charge de la domination de l’Empire britannique présenté comme un Etat cupide, égoïste et amorale.

Marc Muret ne cache pas son rapport ambigu avec la couronne qui représente selon lui « à la fois le pire et le meilleure, à la fois Angleterre éternelle et institution totalement surannée qui reste un puissant attrape touristes »

Un seul apport historique légué par l’Angleterre à l’humanité semble avoir les faveurs de Marc Muret, c’est l’invention de William Web Ellis : « Le Rugby, voila l’unique création du génie britannique qui soit digne d’intérêt ».

Comme le concède bien volontiers son auteur, ce livre est avant tout une interprétation très personnelle dans la transversalité de plusieurs siècles d’histoire « quand on a conscience que ce sont les exactions et l’extrême corruption de la Compagnie des Indes qui provoqua la taxe sur le thé et la guerre d’indépendance des Etats Unis, on est en droit de penser que les anglais finissent toujours par se punir eux-mêmes, le Brexit en est la dernière démonstration. »

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