Au Vietnam, le développement de l’énergie solaire passe aussi par des installations sur l’eau. Des panneaux solaires flottants sont déployés sur des lacs, couvrant une partie de la surface et modifiant les usages. Selon Vietnam. vn, cette configuration crée des difficultés concrètes pour des pêcheurs, dont l’activité dépend de l’accès aux zones de navigation, de la pose des filets et de la libre circulation sur le plan d’eau.
Le principe des parcs photovoltaïques flottants consiste à installer des modules sur des flotteurs ancrés, souvent reliés entre eux en plateformes. L’argument avancé par les porteurs de projets tient à l’optimisation du foncier, la réduction de l’évaporation et une production électrique sans occuper des terres agricoles. Mais sur le terrain, l’arrivée de ces structures transforme un espace de travail ouvert en zone partiellement fermée, avec des couloirs de passage et des périmètres d’accès limités.
Les pêcheurs interrogés dans le cadre du sujet pointent d’abord les contraintes mécaniques. Les plateformes, les câbles, les bouées et les systèmes d’ancrage créent des obstacles. Les trajectoires habituelles doivent être modifiées, ce qui allonge les temps de déplacement et augmente les coûts de carburant lorsque des bateaux à moteur sont utilisés. Dans certains cas, la pose de filets devient plus risquée, avec la possibilité d’accrochage ou de déchirure au contact des éléments flottants et des attaches.
La difficulté n’est pas seulement logistique. Elle touche aussi à l’organisation collective de l’espace. Quand une large partie d’un lac est recouverte, les zones de pêche restantes se concentrent, ce qui peut générer des frictions entre équipages, notamment pendant les périodes de forte activité. Des pêcheurs décrivent une baisse de flexibilité, avec moins d’options pour changer de secteur lorsque la ressource se déplace ou lorsque la météo oblige à se replier vers des zones plus abritées.
L’impact potentiel sur l’écosystème est également évoqué localement, même si les constats varient selon les sites. Une couverture partielle de la surface peut modifier l’ensoleillement de l’eau, la température de certaines zones et la croissance des plantes aquatiques. Les pêcheurs, eux, jugent surtout à l’aune de leurs prises et de la facilité d’accès. Quand les poissons se déplacent vers des zones difficiles à atteindre à cause des plateformes, la journée de travail se complique sans forcément produire plus de captures.
Dans ce contexte, la question de la concertation devient centrale. Les projets d’installations photovoltaïques sont décidés dans une logique d’infrastructure énergétique, avec des acteurs industriels, des autorités locales et des opérateurs du réseau. Les pêcheurs demandent, au minimum, des voies de circulation clairement définies, des zones de manœuvre, une signalisation adaptée, et des mécanismes de compensation lorsque l’accès à la ressource se trouve durablement réduit. Les tensions naissent souvent quand les règles de cohabitation ne sont pas explicitées, ou quand les limites changent au fil des travaux et des extensions.
Le cas rapporté par Vietnam. vn illustre une ligne de fracture fréquente dans les transitions énergétiques: l’acceptabilité dépend moins du principe général que des effets directs sur les métiers. Le solaire flottant reste présenté comme une solution pour produire de l’électricité dans un pays où la demande augmente, mais sa mise en œuvre sur des lacs utilisés pour la pêche impose des arbitrages. Pour les pêcheurs, l’enjeu immédiat est de continuer à travailler sans voir leur zone d’activité se réduire à des couloirs étroits, difficiles à exploiter au quotidien.
Questions fréquentes
- Pourquoi les panneaux solaires flottants gênent-ils les pêcheurs au Vietnam ?
- Parce qu’ils recouvrent une partie du lac et introduisent des obstacles, plateformes, câbles, ancrages, qui réduisent l’accès aux zones de pêche, compliquent la navigation et augmentent le risque d’accrochage ou de déchirure des filets.
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