À Perros-Guirec, un projet de centrale solaire citoyenne se prépare sur la tribune du stade Yves Le Jannou. L’idée, portée localement et relayée par Le Télégramme, consiste à équiper la couverture de la tribune en panneaux photovoltaïques pour produire de l’électricité, en s’appuyant sur une dynamique de financement et de gouvernance ouverte aux habitants. Le calendrier précis, le dimensionnement technique et le montage juridique doivent encore être consolidés, mais la commune s’inscrit dans un mouvement breton où les projets d’énergie locale se multiplient.
Le choix d’une tribune de stade n’a rien d’anodin. Une toiture déjà existante limite l’artificialisation, tout en offrant une surface dégagée, souvent bien orientée et sans ombrage immédiat. Dans une ville littorale comme Perros-Guirec, la disponibilité foncière peut être contrainte, et les débats sur l’occupation d’espaces naturels sont fréquents. Installer des panneaux sur un équipement public répond à cette contrainte, tout en rendant le projet visible. Cette visibilité sert aussi un objectif pédagogique, l’électricité produite devient un sujet concret, rattaché à un lieu connu des habitants.
Le qualificatif “citoyen” renvoie d’abord au mode de portage. Dans ce type de démarche, les habitants peuvent entrer au capital d’une structure dédiée, souvent une coopérative ou une société de projet, et participer aux décisions. Le retour sur investissement, lorsqu’il existe, reste en général encadré, l’ambition principale étant de créer une production locale d’énergie renouvelable et de conserver une partie de la valeur sur le territoire. Ce modèle peut attirer des épargnants cherchant un placement à impact, mais aussi des personnes motivées par la réduction de la dépendance aux énergies fossiles.
Sur le plan technique, une centrale photovoltaïque installée sur une tribune suppose plusieurs vérifications préalables. La structure doit supporter la charge, notamment en cas de vents forts, fréquents sur le littoral. Les études portent sur l’état de la charpente, les points d’ancrage, l’étanchéité et la compatibilité avec les règles de sécurité d’un équipement recevant du public. Les projets récents privilégient des modules résistants à la corrosion, des câblages protégés et des onduleurs placés dans des locaux ventilés et accessibles pour la maintenance.
La question du raccordement et de la valorisation de l’électricité est centrale. Une partie peut être autoconsommée par l’équipement, par exemple pour l’éclairage, la buvette lors des événements, ou les besoins des vestiaires, mais l’essentiel est souvent injecté sur le réseau via un contrat de vente. Le modèle économique dépend alors du coût d’investissement, des aides éventuelles, des conditions de vente et des frais de maintenance. Dans les projets citoyens, la transparence sur ces paramètres est un élément déterminant pour convaincre les souscripteurs.
Au-delà du stade, l’initiative pose la question de la place des collectivités dans la transition énergétique. En soutenant un projet citoyen, une commune peut faciliter l’accès au foncier, accélérer les procédures et sécuriser le dialogue avec le gestionnaire de réseau. Elle peut aussi garantir une cohérence avec les politiques locales, par exemple les plans de rénovation énergétique des bâtiments publics ou les stratégies de mobilité. La production locale ne règle pas tout, mais elle participe à un bouquet de solutions, et elle peut stimuler d’autres projets, sur des écoles, des salles polyvalentes ou des ombrières de parking.
Le volet social mérite également attention. Les projets citoyens sont parfois critiqués lorsqu’ils touchent surtout des ménages capables d’épargner. Certaines structures tentent de diversifier l’accès, via des parts à faible montant, des campagnes d’information dans différents quartiers et des partenariats avec le tissu associatif. L’enjeu, pour Perros-Guirec, sera de transformer un projet technique en projet de territoire, compris et approprié, sans opposer les priorités, pouvoir d’achat, attractivité, sobriété, aux ambitions climatiques.
La centrale envisagée sur la tribune du stade Yves Le Jannou s’inscrit enfin dans un contexte où les coûts de l’énergie et la sécurité d’approvisionnement restent au centre des préoccupations. Produire localement ne signifie pas s’affranchir du réseau, mais cela peut renforcer la résilience et réduire l’exposition à certaines volatilités. La réussite dépendra de la qualité du montage, de la capacité à mobiliser une épargne locale suffisante, et de la robustesse des choix techniques dans un environnement maritime exigeant.
Questions fréquentes
- Qu’est-ce qu’une centrale solaire citoyenne à l’échelle d’une commune ?
- C’est une installation photovoltaïque portée par une structure locale où des habitants peuvent investir et participer aux décisions. L’électricité produite est généralement autoconsommée en partie ou injectée sur le réseau, et le projet vise à garder une part de la valeur sur le territoire via une gouvernance et un financement local.
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