Tutoiement ou vouvoiement, comment s’y prendre ?

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En un siècle, qu’on le veuille ou non, le tutoiement et le vouvoiement, du moins dans l’Hexagone, ont des règles différentes. Des codes que l’on n’aurait jamais tenté d’enfreindre sont devenus obsolètes.

  1. On tutoie quand, on vouvoie quand ?

Les différences de niveau hiérarchique, d’âge, de sexe constituent les trois barrières implicites au tutoiement. Parfois, elles s’ajoutent les unes aux autres, excluant le tutoiement. Elles sont, en fait, issues d’habitudes sociales et culturelles : le patron ou le contremaître tutoyait facilement, appelait par leur prénom sa secrétaire, ses employés ou ses ouvriers qui, en revanche, les vouvoyaient et leur donnaient du « Monsieur »en retour. En primaire, dans la plupart des écoles, les enfants tutoient leur maître/maîtresse ; en secondaire, les élèves vouvoient leurs professeurs et ceux-ci, selon les consignes du chef d’établissement, les tutoient ou les vouvoient… tout est affaire de choix, d’habitude et de classe sociale.

2. Embauche, le bizutage

Le parcours d’un nouvel embauché, particulièrement dans une grande entreprise, impose d’identifier, le plus rapidement possible, la culture d’entreprise et de cerner les comportements à adopter. Si le tutoiement ou le vouvoiement est utilisé par l’ensemble du personnel, la tâche sera aisée. Mais, très vite, le nouveau venu peut découvrir que le tutoiement et le vouvoiement ne sont guère appliqués de manière homogène… ce qui complique les choses. Les membres d’un même service se tutoieront, alors qu’ils vouvoieront les salariés d’autres services de l’entreprise ! Seul le temps et l’observation lui permettront de décrypter les codes.

3. A quoi sont dus les changements de code ?

Il est évident que l’influence des pays anglo-saxons, où le « tu » et le « vous » n’existent pas, y est largement pour quelque chose. Les manuels d’apprentissage de la langue française regorgent d’explications pour faciliter la vie de nos amis anglophones et leur permettre de sortir indemnes de nos conventions. Il faut bien avouer que l’exercice reste tout de même compliqué ! Heureusement, les changements sont apparus pour nos amis étrangers. Ils sont en partie dus aux jeunes entrepreneurs qui ne veulent plus s’embarrasser de barrières superflues. Pour eux, l’essentiel n’est pas dans le formalisme.

De plus, les réseaux sociaux tels que Facebook ont ouvert la brèche en simplifiant la communication tandis que les rapports hiérarchiques se sont peu à peu effacés. Le tutoiement s’impose naturellement car il traduit cet effacement et développe une ambiance plus conviviale, souvent désirée dans les start-up. Tout le monde le sait, le passage du « vous » au « tu » est le reflet d’une évolution dans une relation. Il apporte immédiatement plus de proximité, moins de formalisme et un côté amical que nul ne peut nier. Il est souvent la reconnaissance de l’intégration d’une personne dans un groupe, dans un cercle : « Ici, tout le monde se tutoie. »

4) A vous de decider

Dans l’entreprise que vous dirigez, vous devez montrer l’exemple de ce que vous souhaitez. C’est vous qui proposez, dans la plupart des cas, le tutoiement ou le vouvoiement. On le comprend aisément car vous détenez le pouvoir. Mais si vous demandez d’adopter le tutoiement, ne vous y trompez pas, cela ne supprime pas pour autant la hiérarchie. Vous restez toujours le dirigeant, fixez les salaires et les tâches de vos collaborateurs. Et même si vous pouvez échanger amicalement avec vos salariés et manier l’humour, vous ne devez jamais leur manquer de respect.

On ne peut le nier : le tutoiement est un facteur de convivialité dans le travail d’équipe mais peut se révéler une arme à double tranchant. Selon certains, tutoyer son supérieur ferait parfois oublier sa position de chef et mettrait en péril son autorité.

Le bon sens fait qu’il est rare que les salariés oublient leur fonction, même si parfois il est nécessaire de recadrer (gentiment) la situation…

Christian Kas

Spécialiste de la réussite et du bien-être.