Interview : Ruddy Kielo, une référence de l’entrepreneuriat

Merci pour le partage...Share on Facebook126Share on Google+0Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn11

Ruddy Kielo est un Ingénieur informaticien, spécialiste dans les Technologies de l’Information et de la Communication.

Il est issu de l’Université Liberté de Lubumbashi et récemment il vient d’achever un diplôme en Business et Entrepreneuriat de l’Université du Nevada-Reno aux USA.

Actuellement, il est manager de l’Entreprise Belkin avec laquelle il développe plusieurs produits notamment dans la communication, marketing digital, dans le multimédia & audiovisuel, production d’applications web & mobile et aussi dans l’événementiel.

Ruddy est aussi l’initiateur de la Fondation Kitabu, qui a pour objet la réduction de la fracture numérique dans les zones rurales d’Afrique. L’un des projets phares implémenté à ce jour est le projet ict School Initiative (iSI en cigle), qui a pour but principal de renforcer les capacités des filles des zones rurales et à l’âge de scolarisation, en Science Technologie Engineering et Mathématique.

C’est les vacances à Lubumbashi. Christian Kas, rédacteur du media Wazatech a rencontré Ruddy Kielo pour avoir des éclaircissements sur son parcours merveilleux et particuliers. Aussi parler sur l’enjeu de l’entrepreneuriat pour la République Démocratique du Congo.

  1. Comment vous avez été amené à choisir le métier d’entrepreneur que vous exercez ?

    L’idée d’entreprendre dans le secteur de l’informatique m’est venue depuis 1999, lorsque je suis tombé sur l’historique de Microsoft. La parenthèse ouverte sur Bill Gates qui est le fondateur de cette grande firme informatique mondiale m’a séduit au point où à l’époque je m’étais mis à mémoriser sa biographie, chérissant le rêve de devenir comme lui à long terme. Ainsi, en 2003 j’ai abandonné mes études d’ingéniorat en bâtiment et travaux publics pour me lancer dans celles de l’ingéniorat en informatique. Déjà en premier graduat, je lançai mon tout premier magazine informatique que je nommais à l’époque « l’Hebdo » car je m’étais rendu compte que certains de mes collègues avaient des difficultés à maîtriser certaines matières durant les heures de cours, d’où je leur partageai ce que je connaissais car j’avais une documentation assez fournie par rapport à la plupart d’entre eux. Puis arrivé en deuxième graduat, j’ai suivi la formation de l’académie CISCO et cela m’a inspiré à lancer une petite boîte dénommée RKL 2.0, avec laquelle je faisais du consulting informatique et dans les médias. J’ai pu négocier par ailleurs un marché de plus de 100.000 euros pour un de mes clients à l’époque et nous avions fait l’implémentation du campus numérique de Lubumbashi pour le compte de la coopération française. C’est alors que le goût d’aller loin dans le domaine m’est monté à l’esprit car je me suis rendu compte que mes compétences acquises apportaient de la valeur dans la communauté. Mais il fallait entrer dans la profession en vue d’acquérir de l’expérience. Et j’ai pour ce faire rejoint plusieurs projets technologiques et aussi dans l’audiovisuel avec à titre d’exemple le projet de la chaine Nyota Télévision qui fût l’un des premiers médias privés congolais à exploiter l’informatique à un niveau avancé. Puis en raison de ma vision, j’ai décidé en 2010 de me lancer à temps partiel dans mon entreprise et c’est depuis 2014 que j’y suis à temps plein.

  1. Vous êtes fondateur d’une startup. Y a-t-il de risques à prendre ou d’opportunités à saisir quand on entreprend au Congo ? Comment les entrepreneurs doivent-ils s’y prendre ?

    D’entrée de jeu, nous devons tous savoir qu’une entreprise a deux facteurs qui lui sont cruciaux : En interne, càd les atouts et les faiblesses qu’a cette dernière pour poursuivre sa vision ; En externe, càd toutes les opportunités et les menaces qui l’attendent lorsqu’elle veut débuter avec ses activités commerciales. Et ces deux facteurs dépendent totalement de l’environnement dans lequel l’entrepreneur évolue. En prenant le cas de la RDC, lorsqu’un jeune de ma génération se décide d’entreprendre, il doit se mettre à l’évidence qu’il aura en interne le défi de réunir un personnel compétent qui partagera totalement sa vision et aussi d’avoir un produit ou service original qui apportera de la valeur à sa clientèle cible ; et en externe il sera buté à la difficulté du pouvoir d’achat de sa clientèle. Comme je l’ai toujours dit, la RDC est un terrain vierge où la concurrence est quasi inexistante. Il suffit que ta proposition de valeur puisse rencontrer un marché cible, le tour est joué. L’argent n’est pas le problème. Personnellement, je n’ai démarré rien qu’avec des idées innovantes puis après validation des concepts, les partenaires ont cru en moi. L’argent, c’est les clients qui nous l’amènent en consommant nos produits ou services.

 

 

  1. Quelles sont les qualités qu’un entrepreneur doit posséder pour augmenter ses chances de réussite ?

    Je suis convaincu que pour être un bon entrepreneur, il faut avoir la rigueur et la précision. En parlant de rigueur je vois la vision comme point de départ, savoir où l’on est, où l’on va et comment y arriver. Et de la précision découleront les méthodes d’exécution, càd maîtriser l’art de la gestion des affaires, où l’on peut citer la gestion des ressources humaines, la gestion financière, la gestion de la clientèle et surtout maîtriser ce que l’on appelle le « User Center Design » qui veut que le produit/service soit centralisé sur les bénéfices que la clientèle cible va en tirer. La grosse erreur que commettent certains par snobisme c’est de se concentrer sur les caractéristiques et les fonctionnalités de la solution, chose qui peut se solder en une situation telle que vous servez le meilleur thé au monde à une personne qui veut du café.

 

  1. Les startups manquent de financement de leurs projets. Quels sont les stratégies que les entrepreneurs congolais peuvent mettre en place pour attirer les investisseurs ?

    Comme je l’ai dit plus haut, le problème n’est pas au niveau du financement mais du concept ou des concepts que cette startup doit prouver. La question essentielle qu’un entrepreneur congolais devrait se poser en lançant une activité économique est la suivante: quel type de produit/service proposer à une clientèle cible en fonction de ses besoins tout en lui apportant une valeur ajoutée ? En ce moment-là l’entrepreneur va tester plusieurs types de concepts-produit sur une clientèle donnée et tester les résultats. Dès qu’il s’avère qu’un des concepts prouve à suffisance que la clientèle existe en quantité et en qualité, c’est alors que l’entrepreneur peut s’intéresser à trouver un capital d’amorçage qui lui permettra de lancer un projet pilote. Le meilleur moyen pour avoir ce capital c’est de regarder autour de soi, sa famille, ses amis et connaissances, des systèmes de ristourne financière, bref aller à la rencontre de personnes qui croient en nous même si l’on va échouer. Du coup, vous en conviendrez que pour lancer un concept pilote cela ne demande pas des millions…

A la fin du processus de validation de concept, la quantité ainsi que la qualité de la clientèle va  transparaître. Et ce sont ses résultats statistiques qui intéressent les investisseurs. Pas les beaux discours ni les démonstrations pointues.

 

  1. Un conseil pour les personnes qui veulent devenir entrepreneur ?

Partant du principe qu’entreprendre demande tout d’abord d’avoir un problème à résoudre ou un besoin à rencontrer, je recommande à tous d’oser entreprendre. Il est vrai que la majorité des congolais précisément les jeunes, se plaint du fait qu’il n’y a pas d’emploi. Mais très peu se lancent dans des métiers qui apportent de la valeur dans la société. Il est vrai que tous ne peuvent entreprendre en informatique car cela demande d’avoir la maîtrise des technologies de pointe, mais chacun peut juste observer un fait de société qui constitue un casse-tête dans son environnement immédiat et mener des actions pour le résoudre. C’est cela entreprendre. Je peux juste citer le service de salubrité à titre d’exemple. Peu sont ces jeunes qui acceptent d’avoir un chariot et de vider les poubelles dans des ménages, soi-disant que c’est un sot métier. Or nous connaissons tous la chanson, « y a que de sottes gens… » ! Merci à Waza-tech.

Christian Kas

Spécialiste de la réussite et du bien-être.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *