Les robots, patrons de demain ?

Merci pour le partage...Share on Facebook12Share on Google+0Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn0

Les dernières avancées en robotique et en intelligence artificielle ont abouti à la création de systèmes de plus en plus élaborés et proches de l’homme et de ses facultés.

 

Des évolutions qui fascinent les uns et suscitent la crainte des autres. Ce qui est sûr, c’est qu’elles ouvrent surtout des opportunités inédites pour la gestion des entreprises, leur organisation, leur gouvernance, et qu’elles font apparaître un chef d’entreprise nouvelle génération : le dirigeant augmenté.

  1. Bientôt égaux aux humains ?

C’est annoncé, en 2029, les robots seront égaux aux humains. Selon Ray Kurzweil,  le directeur du département d’intelligence artificielle de Google, les machines seront alors plus intelligentes que nous, capables de comprendre ce que nous disons, d’apprendre de leurs propres expériences, d’être drôle, de raconter des histoires, de flirter, voire même de s’attribuer une conscience. La plupart de ces aspects sont d’ailleurs d’ores et déjà, ou quasiment, à la portée des robots. Nés des alliances de la mécanique, de l’électronique et de l’informatique, ils bénéficient des avancées de ces trois domaines pour améliorer, toujours plus, leurs performances.

En témoignent les dernières démonstrations de force des robots développés par Google, comme Atlas, qui a emballé la toile dans sa dernière vidéo diffusée par Boston Dynamics en février. On le voit marcher sur terrain accidenté, dans la neige, soulever des charges, et se relever lorsqu’il tombe.

Mais ce sont sur les aspects cognitifs que les bonds technologiques sont les plus spectaculaires. « La recherche et les résultats en robotique et en intelligence artificielle ont abouti à des systèmes de plus en plus élaborés qui, après une première vague dans l’industrie, s’appliquent maintenant à de nouveaux domaines », s’enthousiasme Raja Chatila, directeur de l’Institut des systèmes intelligents et de robotique. Les robots ne servent plus seulement à effectuer des tâches, ils sont dotés d’une véritable intelligence relationnelle, et capable de réagir, comme les humains, émotionnellement. C’est, par exemple, le cas de Pepper, la nouvelle star d’Alde Baran. « C’est un robot interactif, qui parle le langage corporel, reconnaît les émotions et adapte son comportement en fonction de l’humeur de son interlocuteur », commente Julien Seret, directeur des marchés professionnels de la société.

En Russie, la start-up Mivar se prévaut, elle, de développer une intelligence artificielle capable de donner naissance à des employés virtuels, des robots autonomes capables de prendre des décisions de façon indépendante. Des attributs qui les rapprocheraient, encore, des dirigeants. La société de capital-risque Deep Knowledge Ventures, basée à Hong Kong, a, pour sa part, poussé plus loin l’expérience en nommant, l’année dernière, une intelligence artificielle à  son comité d’administration. Baptisé Vital, ce membre à part entière, dispose d’une voix  au même titre que les autres. Incorruptible, impartial, rapide, disponible à toute heure, il  a pour mission de collecter, de trier et d’analyser en temps réel une quantité gigantesque de données afin d’identifier les investissements les plus prometteurs.

  1. Au service des humains.

Depuis 18 mois, de nombreuses personnalités ont exprimé leurs craintes face aux progrès de l’intelligence artificielle. Bill Gates a ainsi confié, en janvier 2015 : « Je suis dans le camp de ceux qui s’inquiètent du développement d’une intelligence forte. »Avant lui, Elon Musk, fondateur de Paypal, SpaceX et Tesla Motors, avait ouvert la voie en déclarant : « Dans quelques années, les progrès de l’intelligence seront tels que ça deviendra un problème. »Quant à l’astrophysicien britannique Stephen Hawking, il redoute même d’y voir « la fin de l’espèce humaine ». Mais face à eux, d’autres voix s’élèvent, comme celle de Mark Zuckerberg. Selon le créateur de Facebook, ces avancées s’accompagnent de formidables opportunités  car « par défaut, toutes les machines que nous construisons servent les humains ». Nous sommes, en effet, encore loin d’une vraie intelligence, proche de celle de l’homme. Les machines ont appris à apprendre, et c’est un progrès spectaculaire, mais elles sont loin d’apprendre à penser. Les robots de demain seront certes autonomes, mais aussi conçus pour répondre à nos demandes et nos besoins.

Plus que remplacé, c’est donc vers un dirigeant augmenté que nous nous dirigeons. Déjà, les premières applications de l’intelligence artificielle sur les aspects comptables, ou de stratégie prédictive, ont montré leur efficacité, mais d’autres missions du chef d’entreprise pourraient bientôt être redessinées. « Les robots constituent, par exemple, une alternative aux déplacements professionnels grâce à la télé présence avec le gain de temps et de confort qui s’ensuivent », indique Catherine Simon. Télé gérées à distance par l’utilisateur, ces machines, avec leur base mobile et leur écran, offrent ainsi au dirigeant un véritable don d’ubiquité. « Il ne s’agit pas ici uniquement de participer à des réunions, mais de se déplacer sur le lieu de travail pour discuter, échangé avec ses employés ou ses partenaires, en envoyant son avatar », précise Raja Chatila.

C’est, par exemple, la fonction des robots Beam d’Awabot ou Waldo d’Immersive Robotics. Plus audacieux encore, un scientifique japonais a créé son double artificiel, baptisé Geminoid IV, qui, capable d’imiter ses expressions, pourrait même, à terme, le remplacer pour prononcer ses discours.

  1. Des nouveaux enjeux pour le dirigeant.

En 2025, 20  % des tâches seront automatisées avec pour conséquence la destruction de 3 millions d’emplois. Telles sont les prédictions du cabinet Roland Berger. Aux États-Unis, au Royaume Uni et au Japon, ce seraient même la moitié des postes qui seraient supprimés. Or, là où l’automatisation touchait il y a encore quelques mois principalement les métiers industriels, elle s’attaque désormais aux cols blancs.

Ainsi, 3 000 robots Pepper et Nao sont déjà au service d’entreprises pour l’accueil, l’information, l’orientation des clients, le conseil produit ou les enquêtes de satisfaction. De même, Microsoft a annoncé au début du mois d’avril sa volonté de remplacer ses applications par des chatbots, des robots conversationnels utilisant l’intelligence artificielle pour interagir avec les humains en adoptant leurs expressions et mécanismes de langage. L’idée : commander son billet d’avion ou son repas du soir en discutant avec une machine savante plutôt qu’en cliquant avec sa souris sur un bouton. Un pari un peu fou annoncé par le géant informatique, et ce malgré les déboires qu’il a connus quelques jours plus tôt avec son profil Twitter artificiel féminin Tay, devenue, en quelques heures à peine, raciste et misogyne.

Mais si les robots s’invitent de plus en plus dans le monde de l’entreprise, cela implique aussi de nombreux changements dans le management, l’organisation et la gouvernance des dirigeants. D’abord parce que, « en remplaçant un emploi par un robot, il est de la responsabilité sociétale du chef d’entreprise d’en créer un autre par l’innovation », souligne  Catherine Simon. Supprimer les tâches répétitives ou pénibles lui permet ainsi de déplacer ses ressources vers la création de services et de produits et donc de créer un nouvel élan pour son business. Mais aussi car l’intelligence artificielle et la robotique améliorent les processus de prise de décision. « Les robots vont pouvoir détecter des situations dont les hommes n’ont pas forcément conscience en faisant apparaître des patterns répétitifs, indique Raja Chatila. Ça peut aider les dirigeants à mieux comprendre le fonctionnement de leur entreprise et donc à mieux diriger. »La machine réalise alors une sorte d’audit constant, elle devient un vecteur de connaissance de ce qui se passe réellement dans l’entreprise. « Ce sont des outils d’aide à la décision extrêmement puissants, qui forcent le chef d’entreprise à changer son comportement et ses prises de décision, appuie Bruno Bonnell. Le patron qui prend des décisions basées sur sa propre expérience, sur son intuition ou par autorité, est terminé. »Mais surtout, il doit désormais savoir interagir non seulement avec des humains, mais aussi avec ses machines savantes qui peupleront, demain et de plus en plus, les allées de son entreprise. Plus que les patrons de demain, les robots sont en passe de devenir, et ce sans aucun doute, les collaborateurs de demain.

Source :

http://www.chefdentreprise.com/

 

Christian Kas

Spécialiste de la réussite et du bien-être.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *