Le numérique va-t-il dissoudre le salariat ?

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Le salariat serait passé de mode. C’est en tout cas ce que l’on entend dire par de plus en plus d’experts du monde du travail. La numérisation de l’emploi et l’intégration grandissante des robots dans les entreprises sont les principaux arguments évoqués pour soutenir cette idée. Mais peut être n’est-ce pas une si mauvaise chose.

 

Nous vivons une époque de mutation formidable, l’innovation en marche permettant la disparition des tâches répétitives. Alors que depuis son origine, l’homme travaillait pour vivre, la prise en charge de la production par les machines permet d’envisager une autre humanité.

Plus efficiente et productive, plus économe énergétiquement et respectueuse de l’environnement, cette nouvelle organisation du faire génère cependant une remise en cause du salariat et de ses principes de base : l’organisation hiérarchique et la soumission. Les enjeux d’attraction et de mobilisation des capacités créatrices, d’innovation, de lien à l’autre entre collaborateurs sont cruciaux dans la nouvelle performance économique.

Les principes du salariat apparaissent de plus en plus incompatibles avec une organisation collaborative orientée gestion de projet. Et peu attractifs au regard des meilleurs collaborateurs.

L’arrivée de la machine a d’abord concerné les activités de main-d’œuvre. L’homme est ainsi sorti de l’agriculture puis de l’industrie. Depuis la généralisation du numérique, la machine pousse l’humain peu à peu en dehors de tout champ de production répétitif, y compris intellectuel. Car toute production de masse peut être mécanisée et la machine fait là beaucoup mieux que l’homme : fiable, productive, actualisée en temps réel, sans limite de mémoire.

Du coup, l’humain a peur. Peur pour son futur. Comment construire sa place ? Puisqu’il n’y a plus d’emploi, créer son activité, construire sa vie et son œuvre en entreprenant, devient une norme nouvelle. Permettant aussi de s’affranchir de la soumission aux exigences et rythmes du salariat, d’éviter les “bull-shit jobs”, le burn-out voire le “bore-out”, c’est-à-dire la mort par l’ennui.

Construire un monde sans Contrainte d’emploi

 

Pour lever la peur de manquer, principal frein à cette vague d’entreprendre, il faut donner une sécurité nouvelle. La nation se doit d’être protectrice de ses citoyens sur la couverture de leurs besoins essentiels et vitaux.

Le revenu de vie est ainsi une des réponses possibles. Ce nouveau partage de la valeur ajoutée produite dans le pays permettra d’arrêter la déchirure douloureuse du tissu social provoquée par le chômage. Et protéger les personnes, c’est lever les freins à entreprendre.

La libération des capacités de l’humain permet aussi de répondre à des besoins nouveaux liés au lien à l’autre, à la création, au travail de la main. Le développement de l’économie collaborative et du social business sont à cet égard exemplaires. Toutes les activités où l’humanité et le hasard, inaccessibles à la machine, sont présentes, deviennent sources de singularité et de richesse. Et permettent de construire un monde sans contrainte d’emploi salarié mais empli d’opportunités d’activité.

 

Point de vue de Sébastien Descours, président de D&A Ventures et de Philosophie action/Ethires.

Christian Kas

Business Coach | J'interviens dans le conseil, accompagnement, formation des créateurs d'entreprises.

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